Retour sur ces derniers jours d'aventure

Publié le par Jean Pierre

La Quiaca-Humahuaca

 

LaQuiaca-Humahuaca2Et bien me voilà enfin reparti après un définitif passage à la douane. Il est 8h du matin et le soleil brille, je retrouve enfin le bonheur de reprendre la route sereinement. Tout de suite la différence me saute au yeux, la ville de La Quiaca est bien plus propre et le comportement des gens est bien différent par rapport a la voisine Villazon. Dès la sortie de la ville la nature change aussi, c’est plus vert, les terrains sont clôturés et les superficies sont immenses. Pour mes roues, le bitume est beaucoup plus homogène et je roule sur un large plateau de 4 à 5 km encadrés par de fabuleuses montagnes multicolores. Je traverse un certains nombre de petit « pueblo » durant près de 80 km, sur une route pratiquement plate le vent oscille légèrement de côté ou de dos, c’est un régal de retourner les jambes. Je m’arrête déjeuner à Abra Pampa. Puis retour sur la route pour 30 km en léger faux plat montant alors que les montagnes ont resserrés l’étau sur moi et que le soleil me brûle. Au kilomètre 110 je m’arrête à Tres Cruzes pour une collation (gâteaux et jus de fruit) et je repars pour le spectacle hallucinant de ces majestueuses courbes du relief dont ont croirait être de véritable aquarelles. Je profite de toutes ces couleurs dans une vallée descendante où je me laisse glisser les yeux grands ouverts et le cœur léger. De larges espaces sont couverts de cactus avant d’arriver à Humahuaca, un superbe village ou je vais prendre une journée afin de visiter car je suis arrivé ici à 18h après 170km de bonheur.

 

Humahuaca-Purmamarca


 

Humahuaca-Pumamarca8Après avoir été en contact sur internet avec ma maman qui se faisait du souci et l’avoir rassuré sur ma forme physique et moral, je reprends la route vers Pumamarca dans une « quebrada » de rêve qui continu a m’enchanter par ces formes et ces couleurs féeriques. Sous un beau soleil je me laisse glisser dans une pente douce alors que ma tête pivote à 360 degrés et que mes freins s’usent par de fréquents arrêts photographiques. 30 km de bonheur avant que la route s’infléchisse de nouveau légèrement et que le vent se lève. Alors ce sont des bourrasques impossibles qui se mettent à se déchainer contre moi, je roule à 12km/h avec un braquet de 32*20. Je m’arrête donc pour le casse croûte de 13h à Tilcara, au kilomètre 50, un charmant petit village. J’en profite pour faire une petite sieste sous les arbres de la place centrale et repars vers 15h car le ciel menace de pleurer très fort et comme je ne veux pas lui faire de peine je reprends la route avec mon ami chagrin qui souffle toujours de face. Finalement j’échappe à la pluie et je m’engouffre dans une « quebrada » où la route s’élève fortement pour finir à Pumamarca, un « pueblo » ou il y a plus de touristes que d’habitants mais noyé dans un décor de rêve. Je file donc tout de suite accomplir la balade rituelle sur les hauteurs pour la découverte puis une petite bière pour le réconfort avant de filer au lit.

 

Purmamarca – Juyjuy

 

Purmamarca-Juyjuy6Après un petit déjeuner face aux montagnes multicolores vers 7h du matin puis chargement du vélo, je redescends la « quebrada » jusqu'à reprendre la grande vallée 3 km en contre bas. Je retombe dans ces décors de rêve alors que le soleil éclaircie juste le sommet des montagnes offrant un ballet de couleurs au fur et à mesure de son ascension. Moi je peine car le vent c’est déjà levé et je traverse en plus une dépression qui me plonge dans un épais brouillard au passage d’un petit col. A ce moment je replonge vers une vallée qui, lorsque je sors des nuages, est totalement différente de la précédente car elle est luxuriante et dense. Le vert domine et je baigne dans le champ des grillons alors que le vent, bien lui en a pris, a décidé d’aller se coucher. Je finis donc tranquillement ma route des merveilles et rentre dans Juyjuy. Je me charge de trouver de quoi me loger en plein centre et arranger mes deux jours ici, à vagabonder dans la ville.

 

Juyjuy


Juyjuy-Salta2Hier, la journée que j’ai passé à Juyjuy fut consacré à une grande ballade le matin dans les rues ou le vent me guidais, puis le marché aux fruits et son fourmillement, un passage par les quais le long du Xibi xibi et enfin un tour vers le marché central. L’après midi fût consacré au grand nettoyage et remise en état du vélo (pneu de route, changement de chaine, patins de freins puis reglages et vérification diverses) après plus de 5500 km et surtout la poussière de la Bolivie c’était obligatoire et grand bien lui à fait. Me voilà donc près pour la deuxième moitié du voyage. Une bonne nuit et demain direction Salta par la route 9.

 

Juyjuy-Salta

 

Juyjuy-Salta4Et bien me voilà à Salta. Après un départ très tôt dans les nuages de Juyjuy et 30 km effectués sur une route ordinaire ou la végétation est très dense. Puis, la route devient très étroite, pas plus de 3 mètres (2ème crevaison du voyage), et serpente doucement vers la montagne. Là j’y trouve une forêt très épaisse et un climat tropical très humide à la chaleur lourde. La route monte et s’accroche au pan de la montagne en serpentant pour passer sur les crêtes d’une vallée à une autre jusqu’au kilomètre 60 ou je bascule du côté du soleil et d’une végétation plus sèche. Alors je n’ai plus qu’a me laisser coulé tranquille en traversant quelques ruisseaux qui recouvrent sagement la route par endroit. Me voilà enfin arrivé à Salta où je suis surpris, comme à Juyjuy d’ailleurs, par la grandeur de la ville. Dans ma tête je voyais de plus petites villes et je me retrouve face a des villes comme il y en a tant chez nous, mais bon je vais aller la découvrir tout de même.


Salta - Cuesat del Obispo‏

 

Salta - Cuesat del Obispo‏3Après un nouveau contact raté par webcam avec la famille, je reprends la route à midi endirection de Cachi. Une petite erreur de parcours me fait faire 10 km de plus et me voilà après 46 km dans la grande « quebrada » de Salta et son long faux plat descendant vers El Carril. Là commence la « quebrada » d’Escope qui commence tranquille sur 10 km avant que les choses sérieuses ne commencent. La pente devient plus raide et le décor bien plus jolie. La végétation recouvre quasiment la route et forme, par endroit, de véritables tunnels. La route continu a se resserer jusqu'à se transformer en piste que la roche vient jusqu'à recouvrir. Puis passage de quelques ponts où des planches font office de passage. Quelques passages à gai avant que le paysage change a nouveau pour devenir plus aride, les montagnes se changent en rouge vif et la route s’accroche a leurs flans. Après 40 km de montée je commence à me dire que je vais planter la tente là mais je tombe finalement sur une minuscule « hosteleria » ou je suis le seul pour la nuit. Après une douche froide, un bon repas et une bière je me couche, il est 21h et il coupe le courant. La nuit va faire du bien.

 

Cuesta del Obispo - Cachi‏

 

Cuesta del Obispo - Cachi‏5Après un « desayuno » je repars, au beau milieu du col, et pour 30 km avant le passage du sommet. Le ciel est gris et il ne fait pas chaud mais je me réchauffe vite. Tout autour de moi le monde est vert ponctué de reflets rouges. Au bout de 3 km la route redevient piste et serpente. De temps en temps le soleil fait une brève percée, le sommet des montagnes et dans les nuages et moi je monte toujours pour atteindre le sommet dans le brouillard et le froid, une petite chapelle me sert de vestiaire afin de m’équiper pour chaudement pour la descente. 30 kilomètres à pleine vitesse pour retrouver le soleil et la chaleur. Les paysages sont une nouvelles fois transformés comme par un coup de baguette magique. Des montagnes multicolores, des vallées de cactus et moi qui effectue les dix derniers kilomètres sur des montagnes russes. Arrivé à Cachi il fait très chaud et je suis en limite d’hypoglycémie alors un repas rapide me permet de reprendre de l’énergie afin de trouver un logement et d’effectuer ma ballade rituelle à la rencontre de mon nouveau monde, comme chaque jours.

 

Cachi - Angastaco‏

 

Cachi - Angastaco‏6Me revoilà parti ce matin de bonne heure sur la piste. Dans une très large « quebrada » celle-ci est superbe, bordé sur sa gauche par un relief arc-en-ciel et sur sa droite par des dunes de sables et des paysages arides dignes des plus grands western avec cactus et rochers aux formes bizarroïdes. La piste est un véritable toboggan à en attraper le mal des... montagnes ! Alors si je devais décerner le prix de la piste la plus horrible depuis le départ et bien là voilà. 95 kilomètres de sables ou mes roues s’enfoncent et où je suis en constante recherche de l’équilibre, c’est épuisant ! Me voilà à Angastaco, « pueblo » isolé du monde ou demain je vais être obligé d’effectuer 2 km à pied afin d’en sortir car la piste est en sable très fin et montante donc impossible de monter là haut en vélo. Je vais par là rattraper la route 40 et la direction de Cafayate ou la « quebrada » est, parait il, encore plus magnifique alors j’espère que ma peine sera récompensé. Pour moi tout va très bien et demain soir j’en aurais fini avec la montagne car je vais rester deux jours à Cafayate puis prendre la direction d’Iguazu au Brésil en faisant un léger corchet par le Paraguay.

 

Angastaco-Cafayate

 

Angastaco-Cafayate6Reparti à 8h de Angastaco j’ai commencé par mes 2 km de montée dans le sable pour me mettre en condition. Puis j’ai repris la route 40 et sont sable toujours aussi déroutant où je suis en constante recherche d’équilibre. La piste fait office de toboggan et le paysage est .... je ne sais plus quels superlatif employer tellement j’ai l’impression de me répéter et surtout l’impression qu’il n’existe que très enfoui dans un dictionnaire des mots pour décrire ces visions magiques et ses décors de rêves. 60 km d’un autre monde ou seul les yeux qui le connaissent savent le retranscrire. Les 20 derniers kilomètres retrouvent une route bordée de vignes.Au kilomètres 45 je rencontre un couple de cyclovoyageurs autrichiens. Ils arrivent d’Ushuaïa et vont à Quito, les pauvres si ils savaient ce qui les attendent sur les 100 prochains kilomètres ! Moi j’arrive à Cafayate et je trouve un camping tranquille ou nous sommes 5 tentes dont 4 de français et une néo-zélandaise à vélo aussi. Je ne sui spas mécontent d’en avoir fini avec les pistes et surtout comme celle-ci. Cependant, je pensais en avoir fini avec les cols au passage de la « Piedra del Molini » à 3400m entre Salta et Cachi et bien non, il me reste encore un passage à plus de 3000m mardi...

 

Une journee dans la quebrada de "Las Chas"

 

QuebradadelasChas3Après une soirée sympa en compagnie de Tania, une néo-zélandaise, on se retrouve ce matin pour le petit déjeuné puis je pars en ville à le recherche d’un bus (ici les bus sont les cars de chez nous) afin de remonter la « quebrada » sur 60km et redescendre tranquillement l’appareil photo crépitant. Il est 9h30 et j’ne trouve un qui part dans une heure, le temps de retourner à la tente pour prendre quelques bricoles à manger et me voilà assis dans le bus qui remonte la vallée. Une heure plus tard je suis lâché sur le bord de la route pour une descente en plein milieu d’un rêve éveillé et halluciné. Des formes et des couleurs à s’en frotter les yeux pour y croire et se pincer pour s’assurer de la réalité des visions. Je suis porté par le vent comme un grain de sable et je virevolte d’un côté et de l’autre de la route pour figer le rêve. J’espère que les photos vous ferons rêver aussi...

 

Une journée tranquille


Après une super soirée en compagnie de Tania, Alain, un Australienne, une Ecossaise et un Argentin, je me lève tôt et prend mon petit déjeuné. Ensuite, je prends la direction de « las cascadas del Rio Colorado ». 10km sur une piste puis 1h30 à pied afin d’arriver, après un peu d’escalade, à la cascade qui manquait malheureusement un peu de débit. Une petite heure pour redescendre et une après midi tranquille, voilà la journée qui s’achève. Ce soir c’est barbecue pour les adieux, eux montent tous vers la Bolivie alors nous reprenons tous nos routes demain. Moi je vais affronter mon dernier grand col en direction de Tucuman. Pour moi tout glisse sur la vie.

 

Merci a toutes et tous de votre soutien et à toujours sur mon rêve...

 

Publié dans Argentine

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Patrick Parsol 01/04/2010 18:50


Salut Jean Pierre,
Quel plaisir de te retrouver et de parcourir quelques kilomètres en ta compagnie!
J'ai lu que tu parlais de ta maman, alors j'en profite pour lui passer le bonjour si elle lit ces lignes.
Allez bon courage
patrick