Le périple des Yuntas

Publié le par Jean Pierre

Salut !


Chulumani - pueblito inconu

 

Chulumani-Cajuta1Et ça continu sur des pistes folles ! Et follement dure aussi ! Et oui je ne peux pas faire plus de 60km par jours. Je passe d’une vallée à une autre sur des pistes accrochées à flan de montagnes entre 1500 et 3000m d’altitude. Je grimpe bien souvent a 5km/h, en équilibre, et descends debout sur les freins à regarder où je pose les roues. Les paysages sont incroyables encore une fois et je croise une multitude de petits « pueblos », pas indiqués sur la carte, et où je peux souffler un peu. J’en profite aussi pour tenter de discuter avec les locaux qui sont impressionnés de voir un touriste ici et qui plus est en vélo. C’est vrai qu’en quatre jours je n’ai pas rencontré le moindre routard dans cette zone très reculée de la Bolivie (les Yungas) car elle n’est pas facile d’accès. Néanmoins de nombreux bus relient ces petits villages pour qui n’a pas peur car c’est vraiment limite.

De Chulimani à un pueblo dont j’ai oublié le nom, perdu au fond d’une vallée, et dont l’accessibilité est simplement irréelle j’ai tout de même trouvé un car. Je m’y suis engouffré avec mon vélo en direction d’Irupana. Arrivé là bas je profite d’un bon repas et alors que je suis lové sur un banc en pleine digestion deux jeunes arrivent, l’un est motard et l’autre est vététiste. Une conversation s’engage et comme aujourd’hui c’est carnaval et ça me décide à rester là pour la nuit. Mais ça se gâte quand je rentre dans l’hostal du village car je renverse un étalage de bouteilles médicinales. On me réclame 150 bolivianos pour les dégâts. Après palabres je donne 100 b. et de rage, je repars alors qu'il est 15h. Heureusement les décors, la difficulté et l’état de la piste me calme.

Me voilà arrivé dans un minuscule « pueblo », il est 19h et j’y trouve une chambre pour 15 b. et un repas pour 4b. Cependant, il n’y a pas d’eau chaude ni de draps secs. Je fais le tour du village et j’y trouve un petit bal. Là, une « señorita » m’attrape et veut me faire danser mais en tong cela se révèle vite compliqué ! Je rentre boire une petite bière et au lit.
 
Pueblito – Cajouta


Chulumani-Cajuta7Je pars au levé du jour, il est 6h30, par une belle petite vallée puis un talus d’enfer sur 2km dont 1 à pied. Après un retour rapide dans une vallée je monte vers Circulata, une ascension qui n’en fini jamais, mais mes yeux ne laissent rien passer au contraire de mon appareil qui fait des siennes. A Circulata je m’arrête pour un « desayuno » chez une petite mamie. Café et deux énormes sandwichs avec œufs, tomates, fromage, un délice ! Ensuite, je repars et continu a monter jusqu'à un carrefour. A droite Inquivisi, à gauche Cajuta. Ma route va à droite mais je décide d’aller à gauche même si sur la carte c’est un cul de sac. Je regrette assez vite au vu de la difficulté mais j’y suis et j’y reste. Je passe à plus de 3000m et je plonge dans une énorme descente de 15km qui me conduit à 1200m d’altitude. L’entré du « pueblocito » est triste, il n’y a rien de bien attrayant alors je mange et me prend l’idée de repartir en car afin de voir les sensations que cela peu procurer. Le départ est prévu à 16h alors en attendant je visite.
 
Cajouta -Komani en car


Nous partons à 18h (au lieu des 16h initialement prévu). Là, surprise, on part par une piste non répertorié sur la carte ! 250km et 10h de voyage, waouh E-N-O-R-M-E ! Une deuxième route de la mort. Les premiers kilomètres je ne fais pas le fier puis ça passe. Pour le car, par contre, ça passe très limite parfois. Les chauffeurs sont des artistes ici (ou des inconscients en fait c’est la même chose !). La majeure partie du voyage s’effectue de nuit alors d’apercevoir ces petites lumières au fond du gouffre que l’on longe fait froid dans le dos. Et que dire du car... 39 places assises occupées, ajouté à cela 22 personnes dans l’allée centrale plus tous les bagages dont un sac de feuilles de coca sous mes fesses. Pour finir, deux crevaisons jalonnent notre périple, longues ces 10h ! Débarqué à 4h du matin à Komani dans un froid glaciale, je fini ma nuit sur un banc, enveloppé tout habillé dans mon duvet.
 
Komani- Caracollo


Chulumani-Cajuta9A 7h30, à l’ouverture d’un petit bar, je vais prendre un « desayuno ». A 8h30 je reprends la route pour Caracollo et 40km de ligne droite en faux plat montant qui me semble bien terne après la traversée des Yungas. Mais j’ai hâte d’arrivé, après ma courte nuit, afin de bien me reposer avant de reprendre la route pour la région de Cochabamba. Je ne traine pas pour trouver un logement et me mettre au lit. Bonne nuit !


 

Et à toujours sur mon rêve...

Publié dans Bolivie

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